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Tontine interdite en France : ce que dit la loi pour 2025

16 avril 2026

- Ecrit par : Yann

La tontine, un mécanisme de partage entre associés fondé sur la survivance, est plus que jamais encadrée par la loi en France pour 2025. Si beaucoup pensent qu’elle est interdite, la réalité juridique invite à comprendre ses règles strictes, ses limites fiscales ainsi que ses applications pratiques, notamment dans le cadre de la finance participative et de l’épargne collective.

Pour ne pas se tromper et éviter des pièges coûteux, cinq points clés à garder en tête :

  • La tontine est légale, mais soumise à des conditions précises pour éviter toute requalification en donation déguisée.
  • La propriété des biens revient au dernier survivant, ce qui exclut toute transmission aux héritiers du défunt participant.
  • Le coût fiscal est élevé hors lien familial ou PACS, avec des droits jusqu’à 60 % sans protection particulière.
  • Une rédaction rigoureuse du pacte tontinier est capital pour assurer un aléa réel et éviter les contestations.
  • Le recours à un montage en société peut limiter les charges fiscales tout en respectant la légalité.

La tontine en France : comment fonctionne ce pacte à l’épreuve de la loi 2025

La tontine est un montage patrimonial où plusieurs personnes achètent un bien ensemble sous la condition suspensive de survie. Concrètement, chacun paie sa part, mais si l’un des co-acquéreurs décède, sa part revient intégralement au dernier survivant, comme si le défunt n’avait jamais été propriétaire.

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Ce mécanisme, appelé aussi « clause d’accroissement », évite la transmission classique par succession. C’est un avantage pour ceux qui veulent sécuriser un patrimoine sans entrer dans un cadre interminable de succession ou de partage indivis. Par exemple, une famille recomposée souhaitant protéger un parent survivant, ou bien un couple d’associés internationaux à la situation fiscale complexe, y trouve une solution.

La clé réside dans un aléa réel entre participants : pas de torsion quand un des signataires a un très gros désavantage d’âge ou d’état de santé. Le juge peut invalider la tontine si cet aléa est jugé insuffisant. C’est souvent là qu’un manque de vigilance bloque des projets.

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La tontine reste exclue de la réserve héréditaire et de la succession classique

Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, la part du défunt ne retourne pas à sa succession ni à ses héritiers réservataires. Le pacte est considéré comme un acte à titre onéreux, écartant la qualification de libéralité qui protège traditionnellement la réserve héréditaire.

Cela signifie que si Mme Dupont et M. Martin achètent en tontine une résidence, au décès de Mme Dupont c’est M. Martin qui deviendra seul propriétaire, sans que les enfants de Mme Dupont puissent revendiquer un droit dessus. C’est notamment utilisé pour sécuriser l’usufruit d’un époux survivant sans pénaliser la gestion du patrimoine.

Précision importante : ce mécanisme empêche aussi que le bien tombe dans la communauté si les acquéreurs sont mariés, donc protège la propriété personnelle.

Sur le volet fiscal, la tontine peut coûter cher hors lien de famille

Malgré ses avantages civils, la tontine n’échappe pas aux droits de mutation à titre gratuit. L’article 754 A du Code général des impôts impose des taxes sur la part revenant au survivant, à hauteur de 60 % en l’absence de mariage ou PACS, sauf si le bien transmis est la résidence commune et sa valeur ne dépasse pas 76.000 €.

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À titre d’exemple, un investissement immobilier de 300.000 € entre deux amis en tontine pourrait engendrer un coût fiscal de près de 180.000 € au décès de l’un des deux, un montant difficile à prévoir sans anticipation.

Pour limiter cette charge, il existe des alternatives comme le recours à un contrat société avec clause d’accroissement, qui fera passer la transmission sous un régime de droits onéreux beaucoup plus favorable (de 0,1 à 5 % selon la nature des parts).

Préalables et bonnes pratiques pour sécuriser une tontine face à la réglementation

Un dossier tontine bien monté ne repose pas seulement sur son contrat écrit mais d’abord sur une équité entre tontiniers :

  • Vérifier l’équilibre des sommes apportées : chaque participant doit financer une part comparable.
  • Respecter un aléa réel : éviter les gros écarts d’âge ou de santé qui fragilisent la validité du pacte.
  • Exclure les clauses excluant toute possibilité de partage à la minorité : l’irrévocabilité du pacte est solide, mais une souplesse peut éviter des litiges prolongés.
  • Déclarer et prouver clairement les intentions : la transparence sera la meilleure défense contre une requalification en donation déguisée.

En pratique, une tontine mal préparée entraîne des retards et se traduit par des frais juridiques parfois très lourds. Un cas courant : un couple d’amis a vu sa tontine annulée car la santé du plus âgé était connue mais ignorée, donc sans véritable aléa. La justice a tranché en faveur d’une requalification, avec des droits fiscaux doublés.

Comparaison entre une tontine classique et une transmission successorale

Aspect Tontine Transmission successorale classique
Propriété durant la vie Indivise jusqu’au décès du dernier survivant Propriété individuelle exploitée et transmise
Passage du patrimoine Au dernier survivant uniquement Réparti entre héritiers selon la loi
Fiscalité sur la transmission Droits pouvant atteindre 60 % hors mariage ou PACS Droits de succession ou donation selon liens
Recours contre le pacte Possible, mais limité sur aléa et clause Classique, avec possibilité recours divers

Tout ne passe pas par la tontine : les alternatives efficaces pour éviter les risques juridiques et fiscaux

Devant certaines limites de la tontine, il est conseillé d’envisager d’autres solutions dans les projets immobiliers :

  • Le démembrement de propriété (usufruit/nue-propriété) : protège le conjoint survivant avec une transmission encadrée.
  • Les donations avec réserve d’usufruit : pour transmettre tout en gardant un droit d’usage.
  • Le testament avec clause particulière : sécurise la volonté tout en évitant la requalification.
  • La société civile immobilière (SCI) avec clause d’accroissement adaptée : facilite la gestion partagée avec une fiscalité optimisée.
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Pour un couple primo-propriétaire, attentive à ces points peut éviter des situations lourdes à gérer au décès d’un conjoint, à la revente ou lors d’un héritage.

La tontine est-elle réellement interdite en France ?

Non, la tontine est légale en France à condition de respecter un cadre strict défini par le Code civil, notamment pour éviter une requalification en donation déguisée.

Quels sont les risques fiscaux liés à la tontine ?

La part du survivant dans une tontine est soumise à des droits de succession pouvant atteindre 60 % hors mariage ou PACS, ce qui peut représenter un coût important.

Comment éviter que la tontine soit requalifiée en donation déguisée ?

Il faut rédiger un contrat clair, assurer un équilibre dans les apports, respecter un aléa réel, et formaliser les intentions sans clause restrictive abusive.

La part d’un défunt dans la tontine revient-elle à ses héritiers ?

Non, dans une tontine bien conforme, la part d’un participant décédé est intégralement répartie entre les survivants, sans passage aux héritiers.

Quels professionnels accompagnent pour une tontine réussie ?

Notaires, conseillers en gestion de patrimoine et établissements bancaires spécialisés aident à sécuriser juridiquement et fiscalement la tontine.